La
région de Saint-Louis a la possibilité de pratiquer à la fois
la pêche maritime
et la pêche continentale grâce à la présence de l'Océan
Atlantique sur sa façade ouest et du fleuve Sénégal qui la
traverse sur toute
sa longueur.
La
pêche maritime dispose de ressources diverses et variées,
lesquelles sont à l’origine d’une production importante. Sa
contribution à l'autosuffisance alimentaire reste incontestable
et sa part dans le PLB régional est actuellement estimée à près
de 10 milliards de F CFA, soit
6% du total.
Cependant,
la filière est marquée par une très faible valorisation des
produits, entraînant ainsi un manque à gagner important
pour l’économie régionale.
La
pêche continentale a connu de beaux jours, mais depuis le cycle
de sécheresse des années 70, elle s’est installée dans une
dynamique de déclin avec une diminution
de la ressource. La mise en service du barrage de
Manantali est venue ensuite accentuer ce phénomène
d’appauvrissement. Seule la zone en amont du Delta (entre
Diama et Podor) bénéficie de certains effets positifs du
barrage de Diama (légère augmentation du potentiel halieutique).
La
situation est différente dans la zone fluvio-maritime qui
renferme quelques ressources importantes (crevettes, tilapia)
mais dont certaines sont en sursis (crevettes). La région offre,
toutefois, de Saint-Louis à Matam, d’importantes
potentialités et de grandes perspectives dans le domaine de
l’aquaculture.
La
zone côtière de Saint-Louis, frontalière entre les eaux
mauritaniennes et sénégalaises présente d'énormes
potentialités. C'est une zone très poissonneuse, bien fournie
en espèces pélagiques tels que les sardinelles, les mulets
etc.
Des
ressources démersales
y sont également présentes, localisées de part et d'autre de
la frontière avec la Mauritanie ( mérous, dorade, soles,
crustacées ) qui reste toutefois la zone de prédilection des pêcheurs
du fait de la plus grande richesse des ressources localisées
juste au nord de la ville de Saint-Louis.
La
pêche constitue une source importante d'emplois et de revenus.
Elle reste l'activité principale des populations des quartiers
sis sur la langue de barbarie où elle mobilise la presque
totalité de la population active (femmes et hommes âgés de 15
ans et plus). Ses impacts profitent non seulement aux résidents
de la ville de Saint-Louis mais à plusieurs autres intervenants
nationaux et même étrangers.
Tout
au long de la filière (capture, mareyage et transformation )
apparaissent des contraintes importantes qu’il faudrait lever
afin de permettre une exploitation judicieuse des énormes
ressources et potentialités.
Avec
une moyenne de 35 000 tonnes/an, la région occupe le 2ème
rang après Thiès pour les débarquements de la pêche
artisanale sénégalaise.
Elle
doit ces résultats à un effectif de pêcheurs
artisanaux parmi les plus importants du pays disposant d’une
solide formation de marin acquise au contact de la barre.
La
région a atteint des mises à terre de 39 000 tonnes pour une
valeur commerciale de 6,2 milliards en 1996. Elle connaît,
depuis lors, une baisse dans l’évolution des débarquements.
Les
perturbations enregistrées s’expliquent par la fermeture
brusque de la frontière mauritanienne à partir de novembre
1996 qui a occasionné :
¨
la saisie régulière des équipements des pêcheurs
saint-louisiens ;
¨
la perte de zones traditionnelles de pêche (situées
en Mauritanie) ;
¨
le déplacement et l’installation de nombreux pêcheurs
en Mauritanie ;
¨
la diminution de certaines espèces nobles à
haute valeur marchande dans les apports (mérous, dorades,
pageots, langoustes etc.).
La
pêche artisanale, seul type d’activité menée à
Saint-Louis, se pratique avec des techniques variées : pêche
à la ligne, aux filets maillants, aux casiers, à la senne
tournante etc.
La
pêche de ramassage est pratiquée par les petites pirogues de
ligne en contrat avec des armateurs (des bateaux industriels coréens
et portugais) le long des côtes d’Afrique Occidentale et
Centrale. La formule occupe environ 2 000 pêcheurs utilisant près
de 400 pirogues pour des revenus évalués à 2 milliards de
francs CFA par an environ.
La
pêche industrielle, quant à elle, est absente, bien que la
ville dispose d’un port construit depuis 20 ans mais inopérationnel
du fait des difficultés de franchissement de la barre au niveau
de l’embouchure.
·
Les
contraintes
Les
principales contraintes sont :
¨
la position frontalière de Saint-Louis qui est à
la fois un atout et une contrainte. C’est un atout du fait de
la possibilité de débordements des activités de pêche dans
les riches eaux territoriales mauritaniennes mais aussi un
handicap comme c’est le cas actuellement en l’absence
d’accord de pêche avec ce pays ;
¨
les limites de la pêche piroguière pour
l’exploitation des zones situées un peu au large (fond de 200
m et plus) et les difficiles conditions de vie à bord de ces
pirogues ;
¨
le manque de formation des pêcheurs pour
l’utilisation de nouvelles techniques de pêche et d’outils
modernes d’aide à la navigation et à la pêche ;
¨
les problèmes d’acquisition et de
renouvellement de matériels dus à un mauvais fonctionnement du
système de crédit. La CNCAS a pourtant
injecté dans le secteur environ 600 millions de francs
CFA de 1989 à 1991 ; mais présentement le dispositif
fonctionne de manière peu satisfaisante faute d’un bon
remboursement des dettes ;
¨
la présence de la barre qui occasionne de fréquents
accidents avec de temps en temps des pertes en vies humaines
(une vingtaine par an). A cause de ce phénomène très fréquent
dans la zone (9 mois sur 12), on enregistre des pertes de temps
énormes dans les opérations de déchargement de sardinelles et
des pertes de jours de travail quand la barre devient tout
simplement infranchissable ;
¨
les dégâts sur les matériels de pêche (engins
de pêche) causés par les bateaux industriels dans la zone de
cohabitation des pêches industrielle et artisanale (au-delà
des six miles) ;
¨
l’absence d’une pêche industrielle ou semi-industrielle qui aurait permis une meilleure
diversification des ressources exploitées avec une utilisation
de techniques de pêche appropriées et la possibilité
d’aller plus au large en toute sécurité.
¨
l’absence de sécurité en mer et à bord des
pirogues liée principalement à un problème de manque d’équipements
dans les pirogues (feux de signalisation, gilets de sauvetage,
radio etc.) et d’absence de formation des capitaines de
pirogues.
¨
l’exiguïté du débarcadère des pélagiques et
son éclairage insuffisant entraînant des accidents fréquents
lors des opérations de débarquements.
Il
constitue une activité très importante et bénéficie dans la
région de conditions très favorables avec une production étalée
dans le temps (9 mois), la qualité des sardinelles débarquées
(grande taille) qui sont très recherchées par les
consommateurs sénégalais et l’importance des espèces
d’exportation dans les apports.
Destiné
initialement à la satisfaction de la demande locale de la
ville, le mareyage a été
l'apanage exclusif des femmes de Guet NDar. Par la suite,
de nouvelles destinations ont été ouvertes : les autres régions
du pays et l'axe du Fouta avec
le déclin de la pêche continentale, ce qui a entraîné la
présence de nouveaux acteurs non originaires de la
ville.
L'ouverture
de l'aéroport de Saint-Louis offre désormais d’intéressantes
opportunités d'exportation vers l’Europe.
·
Situation
Environ
80 à 90% des apports font l’objet d’une distribution en
frais appelée communément mareyage. Le reste est destiné à
la transformation artisanale.
La
région de Saint-Louis compte environ 400 mareyeurs locaux de
différentes catégories comprenant :
¨
des mareyeurs à long
rayon d’action ( 100 Km), femmes et hommes,
¨
des mareyeurs des villes proches de Saint-Louis
(axe Saint-Louis / Rosso et axe Saint-Louis / Louga ), femmes et
hommes ;
¨
des mareyeurs grossistes de plage (femmes pour la
plupart) ;
¨
des micro mareyeuses pour la distribution de détails
(femmes exclusivement).
A
côté du mareyage national, la ville de Saint-Louis compte également
trois entreprises agréées pour le mareyage d’exportation (Cofrinord, Delta-fish et Etablissement Sidy
DIEYE) et une
quatrième en cours de finition
(MFK Export). Présentement,
l’usine de Cofrinord est à l’arrêt pour rénovation de ses
installations. De 1995 à nos jours, elles ont eu à
exporter environ 300 tonnes de produits frais à destination de
l’Europe à partir de l’aéroport de Saint-Louis.
CHAPITRE PECHE MARITIME
SITUATION DE L’ARMEMENT ET DES MISES A TERRE
|
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
|
Nombre
de Pêcheurs
|
6000
|
6000
|
8000
|
13000
|
|
Nbre
GIE et Association de Pêcheurs
|
12
|
15
|
15
|
15
|
|
Nbre
de femmes Transformatrices
|
750
|
750
|
750
|
750
|
|
Nombre
pirogues
|
|
1690
|
1700
|
1800
|
1800
|
|
|
Poisson
Tonnage(T)
|
29735
|
32373,3
|
33654
|
29959,0
|
|
Valeur(Millions)
|
5540,02
|
5783,10
|
5933,24
|
5911,2
|
|
Crustacés
Tonnage(T)
|
51,45
|
91,58
|
33,4
|
15,3
|
|
Crustacés
Valeur (Mil.)
|
174,9
|
180,72
|
185,4
|
184,7
|
|
Mollusque
Tonnage(T)
|
64,12
|
39,2
|
39,2
|
76,4
|
|
Valeur(Millions)
|
116,63
|
60,35
|
61,82
|
61,63
|
|
Ensemble
Tonnage(Tonnes)
Valeur
(Million)
|
29850,75
5831,6
|
32504,1
6024,.06
|
33726,6
6180.5
|
6157,5
30570,5
|
Source:
Service
Régional des pêches Maritimes
Evolution
de la
Transformation1999
à 2001
|
Désignation
|
|
1999
|
|
2000
|
|
2001
|
|
Guédj
Kéthiakh
Tambadiang
Salé
Séché
Aileron
Yet
Poids
Total
Valeur
Total
|
203
6628
359
656
6
3
-
|
61
994
36
180,4
12
3
1289
|
480
1764
851
2452
32
41
|
48
84
28
259
22
1
442
|
166,45
519,52
151,43
655,96
7,59
2,64
1503,
-
|
49,95
15,14
77,93
180,38
15,2
1,3
|
Source:
Inspection
Régional des pêches Maritimes
Gedj
=300 F/kg
Kéthiakh
= 150 F/kg
Tambadiang = 100 F/ kg