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Agence Régional de développement ( ARD) de Saint-Louis

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   Santé et Population

  La région de Saint-Louis dispose d’une couverture sanitaire relativement correcte par rapport aux normes définies par l’OMS.  

Cette situation est rendue possible grâce à l’action combinée des collectivités locales, des populations, des émigrés et des partenaires au développement. Il s’y ajoute l’existence de plusieurs programmes nationaux.

Malgré ces efforts déjà importants, les populations demeurent encore confrontées à des conditions sanitaires relativement difficiles.

  Infrastructures et  équipements  

    Répartition des infrastructures  

                  Districts

Désignation

Région

St-Louis

R-Toll

 

Dagana

Podor

Hôpitaux

3

1

00

00

1

Centres de santé

4

00

1

1

1

Postes de santé

128

16

13

12

44

Cases de santé

134

31

-

12

68

Maternités rurales

60

4

14

7

16

Officines et dépôts

27

14

4

1

3

Brigade/s/b  d’hygiène

5

1

1

1

1

CREN

3

00

00

00

3

CPRS

4

3

00

00

1

PRA

1

1

-

-

-

Insp. Méd. des écoles

1

1

00

00

00

Structures privées

67

29

14

3

13

Source : Région Médicale Saint-Louis, 1997.  

La Région dispose de 03 hôpitaux implantés à Ndioum,  Ourossogui et Saint-Louis; ce dernier fait office d’hôpital régional.  

A l’exception de Saint-Louis, chaque district dispose d’un centre de santé. Les postes de santé sont au nombre de 128 en 1997, mais 17 sont fermés faute de personnel.

  Les maternités et cases de santé, souvent tenues par des agents communautaires, sont presque toutes paralysées par l’absence de motivation du personnel.  

Les ratios infrastructures / populations se présentent comme suit :  

· 1 hôpital pour 273 000 habitants

· 1 centre de santé pour 205 000 habitants

· 1 poste de santé pour 6 395 habitants  

Cependant la répartition des différentes infrastructures laisse apparaître un réel déséquilibre, d’une part entre les trois départements et d’autre part entre les zones du Walo et du Diéri. 

 La forte concentration des infrastructures le long du fleuve cause de réels problèmes d’accès aux structures sanitaires pour les populations du Diéri. Il n’est pas rare de voir des villages distants de plus de 50 km de leur poste de santé, surtout dans le Podor . Ces derniers totalisent aussi le plus de postes non fonctionnels. 

Concernant l’équipement, seul l’hôpital de Saint-Louis reste moyennement pourvu. Ceux de Ndioum et Ourossogui disposent d’un équipement incomplet et vétuste qui a besoin d’être renouvelé. Ailleurs, dans la région, la qualité des services des structures reste très insuffisante, la plupart des postes et centres de santé souffrant d’un sous-équipement notoire.

Cela explique les évacuations régulières sur Saint-Louis qui s’effectuent dans des conditions très difficiles du fait de l’éloignement et de l’enclavement caractérisant  la plupart des localités de la région.  

Au plan logistique presque toutes les structures sanitaires de la régivivent dans l’insuffisance de moyens.  

La capacité d’accueil des infrastructures est très modeste. Elle est évaluée à  716 lits (dont une partie non installée) ainsi répartis  

Hôpital de Saint-Louis                     

400lits

Hôpital de Ndioum

103lits
Hôpital de Ourossogui 95lits
Centre de Santé de Dagana 31lits
Centre de Santé de Richard-Toll 48lits
Centre de santé de Podor 23lits

Au total, la région dispose d’une capacité de 257 760 journées d’hospitalisation par an, ce qui représente  une durée moyenne 1/3 de jour par habitant. Les taux d’occupation moyens sont assez faibles   pour Ourossogui 35% et  pour Ndioum40% mais élevés pour Saint-Louis environ 60%.   

Les services de pédiatrie, de maternité et de chirurgie sont les plus fréquentés.

Il faut reconnaître que si l’hôpital de Saint-Louis retrouve un regain d’activité ; les autres formations par contre observent une baisse des fréquentations. Le niveau de qualité des services offerts peut être retenu comme l’une des principales causes.

Les taux de décès oscillent entre 4 et 6% pour l’hôpital de Saint-Louis, 4 et 11% pour Ourossogui, 5 et 6% pour Ndioum. Les plus importants sont enregistrés en pédiatrie (Saint-Louis), en médecine générale et maternité (Ndioum et Ourossogui).

Les collectivités locales sont en périphérie de la gestion des établissements de santé. En dehors de rares actions de dons de médicaments et de matériels, elles ne sont pas impliquées dans la gestion du secteur qui leur est pourtant transférée.

Les comités de santé, institués pour rendre effective la participation des populations, n’ont pas donné dans la plupart des cas, les résultats escomptés. Au contraire des malversations financières sont à l’ordre du jour dans plusieurs d’entre eux.

  Le personnel

     Répartition  du  personnel  de  santé  

District

Désignation

Région

 

Comm.

St-Louisis

Richard-

Toll

Dagana

 

Podor

 

Matam

 

Médecins résidents

Coopérants

24

10

16

10

2

00

2

00

3

00

1

00

Techniciens sup.

15

11

00

1

2

1

Techniciens odonto.

6

1

1

1

2

1

Pharmaciens publics

4

3

00

00

00

1

Infirmiers

98

22

12

8

28

29

Agents sanitaires

65

16

7

5

25

12

Sage –

32

19

2

2

3

6

Personnel d’hygiène

42

11

4

7

7

9

Matrones

159

00

00

35

124

00

Assistants sociaux

04

3

00

00

1

00

     Source : Région Médicale Saint-Louis, 1997.

  En 1997, les établissements totalisaient un personnel soignant d’environ 500 agents (matrones incluses). Celui-ci se caractérise par une forte concentration dans la commune de Saint-Louis.

Les médecins, publics et privés, au nombre de 34 dans la région sont en grande partie constitués de coopérants (30%) et  évoluent en majorité dans la commune de Saint-Louis (75%).  

Les techniciens supérieurs, environ 15 agents, ainsi que les sages- , sont principalement en service dans la commune de Saint-Louis dans les proportions respectives de 73% et 54%.  

Les infirmiers et agents sanitaires respectivement au nombre de 98 et 65 sont assez présents en milieu rural, où ils sont souvent chefs de poste.  

Le personnel du service d’hygiène fait un effectif total de 25 agents toutes catégories confondues.  

Cette situation traduit des ratios de :  

· 1 médecin pour 24 000 habitants

· 1 sage-femme pour 4 530 en âge de procréer

· 1 infirmier pour 8 400 habitants  

Ces ratios sont moyennement satisfaisants mais connaissent  des  disparités énormes entre départements. Avec la concentration relative du personnel des médecins et des sages dans la commune de Saint-Louis, un déficit important est noté dans l’arrière pays.

2. Situation  

2.1  Les enfants en situation particulièrement difficile  

Ils  sont constitués par les talibés mendiants et les enfants en rupture ( enfants de la rue ), les orphelins etc.    
La région connaît de manière historique un développement de foyers religieux ; ce qui justifie l’importance numérique des daaras. Ces derniers au nombre de 851 connus et recensés, sont répartis sur l’ensemble de la région avec cependant une forte concentration à Saint-Louis commune et dans le département de Podor.  

Le sort des enfants en situation  particulièrement difficile reste préoccupant dans la région. La grande majorité des talibés continue de vivre des situations dramatiques marquées par :  

- une situation alimentaire et nutritionnelle inquiétante ;  

- une situation sanitaire préoccupante avec la persistance  d’affections tels que le paludisme, la gale, les gastro-entérites ;  

- un cadre de vie très précaire ( absence de sanitaires,  de  conditions d’hygiène convenables …).  

  Par ailleurs, l’ampleur du phénomène des enfants en rupture est très élevée dans la région. Elle atteint le taux de 38‰ . Ce sont généralement des enfants orphelins  et/ou des enfants ne bénéficiant pas de soutien familial ou issus de familles dépourvues de moyens adéquats pour les prendre en charge.
Ils vivent pour la plupart dans la rue et sont sujets à la délinquance ( phénomène des « fakhmanes »).    Cette situation nécessite des actions urgentes, mais bien ciblées à l’endroit de ce groupe particulièrement vulnérable.

  2.2  Les personnes âgées  

 Elles sont estimées à environ 6,5 % de la population. C’est un groupe qui connaît essentiellement des problèmes de prise en charge sanitaire liés à la vieillesse.  
Les contraintes de ce groupe restent l’absence de spécialistes (gériatres), de structures d’accueil et de prise en charge et le manque d’occupation.  

2.3  Les personnes handicapées  

Selon les statistiques (structure RGPH 1988), les personnes handicapées représentent 10 pour 1000 de la population totale du Sénégal. Dans la région de Saint-Louis, on dénombre en 1997 : 3 260 handicapés moteurs,  2 630 handicapés visuels, 660 lépreux.  
Ce groupe rencontre très souvent des difficultés relatives à l’appareillage, à la scolarisation, à la formation professionnelle, à la réinsertion socio-économique. Son épanouissement est confronté à :

-         une accentuation de l’état de pauvreté ;  

-         des difficultés d’accès aux services sociaux de base (santé, éducation, logement, eau, électricité ) ;  

-         une insuffisance des structures de prise en charge.

Cette morbidité sociale s’accompagne d’une recrudescence des fléaux sociaux comme la mendicité, la prostitution et le trafic de drogue qui sont parfois des stratégies de survie, malgré les tentatives de réponses à travers plusieurs initiatives comme :  

-         les actions de l’Etat et des collectivités locales (l’allocation d’aide alimentaire, de subventions, l’appareillage etc.) ;  

-         l’exécution des programmes  ( UNICEF en direction des  enfants en situation particulièrement difficile,  programme d’appui aux personnes handicapées de la Commune avec l’aide du partenariat Lille/ Saint-Louis) ;  

-         la mise en œuvre de projets “ Claire Enfance ” AED (Action Enfance Développement), MTAN (Mouvement des Travailleurs d’Aide aux Nécessiteux) etc. 

2.3.1  Contraintes   

Elles sont nombreuses et sont relatives à :  

-      l’insuffisance et la mauvaise répartition des  Centres de Promotion et de Réinsertion Sociale (CPRS). La commune de Saint-Louis concentre 03 des 04 CPRS ; le quatrième étant implanté à Podor. Les autres communes de Dagana, Richard-Toll, Matam, Thilogne, Ourossogui, Ndioum, Golléré, Waoundé, Semmé n’en disposent pas encore ;

-     la modicité des ressources financières mobilisées pour l’octroi des aides (à peine 25 % des demandes sont satisfaites). Il s’y ajoute que la distribution des secours n’est pas toujours effectuée correctement ;  

-      l’inadaptation des politiques sociales et textes réglementaires qui datent des indépendances et ne collent plus à la réalité économique et sociale actuelle.  

Le constat est que l’aide ponctuelle apportée aux nécessiteux ne modifie pas leurs conditions d’existence mais les rend plus dépendants encore.  

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